Généalogie – Question/Réponse 4

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Question 1 de Marie-Odile Ascher :

Existe-t-il des listes de combattants dans les troupes des chouans, à la fin du 18e siècle ?

Réponse 1:

Les chouans ne constituaient pas véritablement une troupe régulière officielle ; il s’agit plutôt d’une agitation (1791), puis d’une révolte des paysans qui refusent de partir à la guerre au moment des moissons de 1793 ; ce mouvement réprimé par l’armée révolutionnaire, au printemps 1794, devient une guérilla jusqu’en 1796. Leur tactique d’obstruer les routes, d’arrêter les voitures, faisait peser une menace sur l’administration républicaine, mais il ne s’agit pas d’une armée officielle proprement dit. Ce qu’indique d’ailleurs le surnom de ‘chouan’, chat huant, dont le signe de ralliement était le cri de cet animal.

Du point de vue de l’histoire des mentalités : l’une des raisons du refus des paysans de l’Ouest de la France, d’aller se battre aux frontières de l’Est, contre l’Autriche, (outre l’époque des moissons), est l’absence, à cette époque, de la notion de ‘Nation française’, de territoire ou de sol français à défendre nationalement ; il faut attendre la guerre de 1914-1918 pour que cette notion de nation française soit ancrée dans les mentalités et qu’il soit évident pour tous les Français de toutes les régions de France d’aller défendre les frontières de la France.

BBG : Il existe un Que Sais Je sur la Chouannerie

Lorsque des paysans ont suivis la noblesse vendéenne contre révolutionnaire, et sont partis à l’étranger se battre contre l’armée française révolutionnaire, alors on peut les retrouver inscrits officiellement, aux Archives militaires du SHAT à Vincennes, dans la sous série Xu : Armée des Princes, Armée de Condé, Armées royales de l’Ouest. Ce fonds concerne aussi bien la chouannerie que les armées extérieures. Ces dossiers ont été constitués en 1814, afin d’établir les retraites, l’avancement et un classement par armes.
Pour l’utiliser, il est utile de passer par le fichier Pinasseau, cité ci-dessous (lié à la question 2 )

Question 2 :

Existe-t-il des listes d’émigrés en Allemagne de la même époque (fin 18e), y compris de personnages obscurs et non seulement d’aristocrates ?

 

Réponse 2 :

oui, et elles sont nombreuses : aux Archives départementales (séries L, M et Q), aux Archives nationales (très nombreux fonds), aux Archives militaires (série Xu), et au château de Chantilly (Archives de l’armée de Condé).

Pour s’y retrouver, les trois fichiers principaux sur l’émigration française pendant la Révolution sont ceux de : Mlle Robinet, Monsieur Pinasseau et du Vicomte Grouvel.

Le fichier de Mlle Robinet totalise plus de 100.000 fiches (sur les 150.000 émigrés, tous statuts confondus), constituées à partir de diverses séries des Archives nationales de Paris.

Les émigrés militaires se retrouvent plus facilement grâce au fichier de Monsieur Jean Pinasseau (environ 25.000 fiches) (cote 1 K 45 au Archives nationales de Paris). Il concerne des officiers, sous officiers et aussi des soldats.

Jean Pinasseau a publié un ouvrage sur l’émigration militaire et deux autres livres sur ‘l’émigration militaire de l’Ouest’ et ‘les émigrés de Saintonge, Angoumois et Aunis, dans les corps des troupes de l’émigration française, 1791-1814’, paris 1974, 295 pages.

L’ouvrage du vicomte Grouvel, ‘les corps des troupes de l’émigration française’ (1789-1815), publié en 1957-1964, ne concerne que les officiers.

Votre question portant sur l’Allemagne, une réponse peut se trouver, aux Archives nationales de Paris, dans les sous séries AF II 30 et 60 (1793 AN IV) et AF III 51A, concernant la Suisse et l’Allemagne ; mais c’est le fichier Pinasseau qui vous permettra le plus sûrement de retrouver les pistes pour les militaires que vous recherchez.

Après, il faut voir aux Archives départementales locales, dans les séries L, Q et M : L pour la période révolutionnaire, M pour les radiations d’émigrés, et Q pour la vente des biens des émigrés.

Chantal COSNAY
généalogiste à Aix en Provence (13)
Pour le Sygene